Jumelage Ping Yao / Provins
La cité de Pingyao, comme Provins, doit sa prospérité et sa parure artistique à l’ingéniosité de marchands intrépides qui parcoururent les routes du Nord au Midi. A l’intérieur des terres, les marchands de l’empire chinois acheminaient, en bravant tous les dangers, fourrures, soies, cotonnades, grains, aliments séchés, cuivre, métaux et denrées variées.
Vers 1800, l’un d’eux, Lei Lütai de Pingyao, qui avait ouvert une teinturerie à Tianjin, eut l’idée d’établir à Chongqing une agence chargée de régler par des traites le paiement des teintures qu’il achetait au Sichuan, au lieu de transférer des chargements de monnaie de cuivre sur des milliers de kilomètres. Il offrit ce service à ses amis et fut imité ailleurs.
L'administration impériale recourut à ce réseau financier pour ses transferts de fonds. Ce fut le début d’une énorme fortune bancaire qui dura jusqu'à la chute de l’empire en 1912. Essaimés à travers toute la Chine, les banquiers du Shanxi, à l’image d’autres marchands, employaient tous leurs profits personnels à embellir leur lieu natal, sous-préfectures modestes, à l’écart des grands centres politiques.
En août 2003, Bernard Faucon et son assistant, l'écrivain Antonin Potoski, se sont posés à Pingyao, en Chine. Ils ont rencontré quinze étudiants chinois et pendant trois jours, avec une dizaine d'appareils numériques, ils ont photographié ensemble leur vie dans cette cité de brique grise : des courses dans les ruelles, des usines, des temples, des jeux d'été, des cybercafés au pied des fortifications moyenâgeuses, des heures chaudes, des intérieurs, des promenades sur les chemins secs, des faubourgs en plein développement, une campagne vibrante de cigales... Dans le sillage du Plus beau jour de ma jeunesse, les vingt fêtes photographiques auxquelles Bernard Faucon a convié 2000 jeunes autour du monde, cette nouvelle exposition révèle l'intense réalité d'une ville où, de part et d'autre des murailles, les époques se mélangent, la beauté méconnue et la douceur, aussi, d'un été au cœur de la Chine.
Bernard Faucon a reçu le Grand Prix national en 1989, le Prix Léonard de Vinci en 1991. Il a réalisé pendant plus de vingt ans des mises en scène photographiques exposées dans le monde entier (plus de 180 expositions individuelles, 130 expositions collectives et 18 ouvrages). De 1997 à 2000, il a réalisé dans vingt pays du monde l’événement Le plus beau jour de ma jeunesse, impliquant cent jeunes de chaque pays.
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