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REDÉCOUVRIR LE CHEVET DE SAINT-AYOUL

L’INAUGURATION DU JEUDI 18 AVRIL ACHÈVE 15 ANNÉES DE TRAVAUX DE RESTAURATION SUR L’ENSEMBLE MONASTIQUE SAINT-AYOUL.

 

A l’occasion de l’inauguration du chevet de Saint-Ayoul le jeudi 18 avril et de la signature de la convention cadre de restauration du patrimoine provinois 2019/2029 entre la Ville de Provins, l’État, la Région et le Département, Olivier Lavenka, Maire de Provins, a prononcé l’allocution suivante :

 

1527.

« 1527, c’est le moment où un mur – il est là- a été érigé.

 

Ce mur a séparé la Nef de l’Église –elle est de l'autre côté- de son chœur, nous nous y trouvons. Ce mur est le fruit d’une querelle majeure, d’un conflit très vif entre la paroisse et le prieuré.

C’est à ce moment, il y a près d’un demi-millénaire, que le destin de ce bâtiment s’est noué. Cet ensemble architectural a vécu plus de 500 ans avant la construction de ce mur. Il a vécu près de 500 ans depuis.

Sans lui, le destin de ce bâtiment aurait sans doute été différent. Toutes les conjectures sont imaginables. Nous n’en saurons jamais rien. Sauf une chose évidente : sans ce mur, nous ne serions pas réunis ici et aujourd’hui.

 

1000 ans d'histoire

Le destin de cet ensemble, tellement prodigieux en soi –j’y reviendrai- est indissociable de celui de notre Ville.

Une Ville qui a connu la prospérité, une prospérité extraordinaire, le repli lent, l’endormissement même et une forme de réveil.

Une Ville dont le destin et l’histoire sont exceptionnelles et justifient l’attachement et l’amour que nous lui portons.

Provins a une âme. Et c’est peut-être ici, au cœur de son berceau, à Saint-Ayoul, que nous le mesurons le mieux et que nous ressentons, avec beaucoup d’émotion, sa singularité.

Cette singularité, c’est celle d’une Ville, qui depuis son classement au Patrimoine mondial de l’Humanité, et même si nous en sommes, avec le Conseil municipal et tous les Provinois dépositaires pour un temps, ne nous appartient plus tout à fait.

Cela confère beaucoup de responsabilité dans le long cour de l'Histoire car cette Ville est à la fois un don et un miracle.

Le don du travail de générations successives, de bâtisseurs qui ont construit, depuis PROVINS plus qu’une Cité. Ils ont initié un mouvement de civilisation. Ce mouvement a pris son envol avec les Foires de Champagne. C’est celui de la civilisation occidentale qui s’appuie sur l’essor des villes et du commerce. La mondialisation des échanges débute à cette époque et PROVINS devient, pendant 2 siècles, le cœur du commerce européen.

 

Ce bâtiment, qui doit beaucoup à la décision historique du Comte Henri le Libéral, en 1153, d’accorder au prieuré les droits de justice pendant les Foires de Champagne, est en définitive un témoin des ressorts profonds de ce grand mouvement de civilisation. Un mouvement qui continue à produire ses effets près de  1 000 ans plus tard. Un mouvement inséparable de la puissance de l’Occident Chrétien.

PROVINS a d’ailleurs été reconnue par l’UNESCO, au moins autant pour la richesse de son patrimoine que parce qu’elle incarne l'éclosion de ce mouvement de civilisation. C'est notre patrimoine immatériel, inscrit en profondeur, dans la beauté architecturale de cette Ville.

 

PROVINS est aussi une forme de miracle. Un miracle car les vicissitudes de l’Histoire n’ont eu raison ni de son patrimoine, ni de son plan urbain, restés intactes, authentiques et préservés pour l’essentiel.

Ni la guerre de Cent ans, ni les guerres de religion, ni la Révolution française, ni les 2 conflits mondiaux ne l’ont abimée.

La plupart de nos monuments ont résisté au temps.

 

Mais le temps qui passe finissant toujours par avoir raison, ce qui s'apparente à une bonne étoile n'explique pas tout. Il aura aussi fallu des rencontres pour que ce miracle se produise.

 

Je pourrais évoquer longuement Alexandre DU SOMMERARD ou encore Prosper  MERIMEE qui furent, au XIXème siècle, 2 vigies attentives au destin provinois.

Ils ont tous deux joué un rôle considérable pour éveiller les consciences à la préservation des joyaux architecturaux du Moyen-Âge. Prosper MERIMEE tout particulièrement, en venant à PROVINS, par les décisions qu'il a prises ou pas prises, à contribuer à sauvegarder, protéger, classer aussi PROVINS, et en quelque sorte la faire passer à côté du grand courant pastiche du XIXème siècle.

Ce débat a été vif. Il ressurgira peut-être quand sera prise la décision de restaurer la flèche de Notre Dame, voulu par Viollet-le-Duc.

 

PROVINS quoi qu'il en soit, est resté et reste le joyau du patrimoine historique médiéval.

 

Evoquer également ce jour d'avril 1983, le 10. Les Provinois furent sidérés par l’effondrement d’une Courtine des Remparts. Alain PEYREFITTE a alors engagé un plan de restauration du patrimoine.

Ce mouvement a été amplifié et accéléré par Christian JACOB. Il aura fallu la détermination que vous lui connaissez pour mener à bien, de front, plusieurs chantiers qui ne se sont jamais arrêtés.

 

C'est en 2003 que se produit cette accélération. L’aile Est du prieuré menace de s’effondrer sur la salle capitulaire. L’Abside s’ouvre en 3 parties. La préservation du patrimoine est une lutte incessante.

 

Témoin de l'histoire civile, militaire et religieuse de Provins

Nous nous retrouvons aujourd’hui, 15 ans plus tard, avec un ensemble monastique dans un état de conservation inédit depuis au moins 500 ans.

 

Après le petit « schisme » de 1527, les 2 parties de l’ensemble ont vécu deux trajectoires opposées.

 

La paroisse vivait. Le prieuré, lui, s’est éteint.  En 1791, il est devenu bien national, abritant notamment la Sous-Préfecture puis la Gendarmerie qui ne quittera les ailes Sud et Ouest qu’à la fin du siècle dernier, en 1997.

En 1826, le reste du prieuré est reconverti en quartier de cavalerie. Le Chevet devient une grange à fourrage.

 

Même s’il n’a pas été inactif, l’Etat, propriétaire des lieux, n’a jamais pu se tenir à une stratégie de restauration du monument.

L’ensemble du Chevet avait été classé monument historique en 1913. Mais il faudra attendre 2003 pour que le projet qui nous réunit aujourd’hui, prenne son envol.

 

En 2003, la Ville devient propriétaire du prieuré, ce qui permet le sauvetage de l’aile Est qui abrite la Communauté de Communes du Provinois ainsi que l'aménagement du Cloître.

 

Le 9 décembre 2004, un évènement important se produit : Christian JACOB et Renaud DONNEDIEU de VABRES, le Ministre de la Culture, signent une convention–cadre de restauration du patrimoine. Cette convention acte le transfert de propriété du chevet par le Ministère de la Culture, affectataire du bâtiment depuis 1938. Ce transfert sera effectif le 1er janvier 2007. Le Chevet était l'un des monuments mentionnés par la loi du 13 août 2004, la fameuse loi "Liberté et responsabilités locales".

 

S’il y avait finalement un enseignement à tirer de cette restauration, c’est celui des bienfaits de la décentralisation. Une décentralisation où les élus sont pleinement responsables de leur décision. Une décentralisation qui s’appuie sur un pacte de confiance avec l’Etat.

Ce pacte a été un vrai pacte, toujours respecté, entre l’État et la Ville, auquel la Région Île-de-France et le Département de Seine-et-Marne se sont joints.

 

Sans cette solidarité, sans le choix assumé du Conseil municipal de consacrer chaque année 25% de son budget d’investissement au patrimoine, sans la coopération exemplaire avec notre architecte en Chef des Monuments historiques, il aurait été impossible d’investir plus de 11 M€ sur l’ensemble Saint-Ayoul.

Impossible de restaurer le cloître et la salle capitulaire. Impossible de rendre son lustre à l’Eglise Saint-Ayoul et enfin impossible de présenter aujourd’hui un Chevet transfiguré.

 

Un chevet millénaire

Ce Chevet - et c’est le parti pris architectural un peu insensé de cette restauration – vous pouvez le visiter dans l’espace, mais aussi dans le temps. Le temps qui se lit dans la stratification des couches.

Ce Chevet, vous y avez pénétré, dans le Cloître, par un déambulatoire qui abrite les vestiges de la Chapelle Sud, édifiée au XIIIème siècle et dans lequel, aujourd'hui, est mise à l'honneur notre jumelle chinoise, la Ville de PINGYAO.

Vous est apparue ensuite la Chapelle des Bénédictins, édifiée elle aussi au XIIIème. Avec sa charpente en carène de navire inversé, une charpente lambrissée où figure l’identification du roi Louis XIII, le  « L » couronné avec le blason aux Armes de France et de Navarre. Une façon pour le Royaume de France de manifester sa domination sur le Comté de Champagne alors que le 1er roi de Navarre n’était pas le roi de France, mais le Comte de Champagne.

Une Chapelle avec un autel, toujours visible, qui abritait les reliques de Saint-Ayoul dont le contrôle, par le Prieuré, conférait le pouvoir et l’argent.

Un mot aussi pour vous dire qu’à droite de l’autel figure toujours la jauge de couleur noire pour mesurer la hauteur du fourrage, témoignage du passé militaire de ce Chevet.

Vous pénétrez ensuite dans l’Abside polygonale de Charles de Refuges construite juste avant l’édification du mur, à l’emplacement où avait été érigée la Chapelle Saint-Médard à la fin du Xème siècle. C’était la partie la plus dégradée du bâtiment. Si elle était tombée et cela a failli se produire, le clocher serait tombé lui-aussi.

Et puis, dans ce parcours, apparait le transept roman, l’un des plus longs, des mieux conservés d’Europe. Un transept, édifié au milieu du XIème siècle.

 

En levant les yeux, vous admirez les enduits peints, sous la Tour-lanterne, peints depuis la deuxième moitié du XIème siècle jusqu’au XIVème siècle. Des enduits, 4 couches de décors restaurés qui imitent les parements de marbre des basiliques romaines. Vous y verrez, et c’est assez fascinant, 2 vouivres, des sortes de lézardes ailées qui sont des animaux mythiques, divinités  des eaux qui nous disent deux choses : Saint-Ayoul avait, a toujours d'ailleurs les pieds dans l’eau et des rites pré-chrétien ont sans doute été respectés sur ce site.

 

Ce transept est une prouesse technique, réalisée il y a plus de 950 ans. 165 tonnes de poussée sur chacune des 4 piles de la croisée. Une force telle qu’il est proprement époustouflant qu’un tel bâtiment, bâti sur un tel sol, soit encore debout. Nous le devons à cette campagne de restauration et de confortation.

 

Le temps se lit dans le sol

J’en viens justement au sous-sol. Les 4 piles ont les pieds dans l’eau.

Le cheminement en surplomb nous permet de voir le niveau du sol d’origine, 1m20 plus bas.

 

Il faut comprendre que PROVINS, la Ville basse a été aménagée sur un vaste marais. Les hommes ont construit des «polders » pour gagner du terrain. Ils ont multiplié les bras d’eau et construit des moulins, partout, pour faire vivre les métiers qui faisaient la richesse de la Ville : les drapiers, les couteliers, les tanneurs.

La conséquence a été immédiate : l’élévation de la nappe phréatique. Ils ont donc cherché à échapper à la montée de la nappe pendant des siècles et des siècles.

C'est ce qu'on comprend bien dans la partie Nord du transept, au pied des deux vitraux qui rendent hommage à Pierre Abeilard dont l'ombre plane sur cet édifice. Réfugié à PROVINS, il y a écrit son magistral "Sic et non" qui reste une œuvre majeure de la pensée occidentale.

Mais revenons sur cette stratification, des rayures blanches sont de la chaux sur laquelle étaient posés les sols successifs. Plus de 30.

En partie basse, vous apercevez mêmes des traces de charbon de bois, signe des grands incendies des XI et XIIème siècles.

Le temps se lit, sur un millénaire, dans la stratification des couches.

 

Voilà pourquoi, ce bâtiment, condensé d’architecture, d’histoire et d’archéologie, est extraordinaire.

 

Des vitraux contemporains

Il l’est encore un peu plus aujourd'hui, car il est magnifié par les jeux de lumière, les jeux de lumière nés du travail artistique remarquable du maître-verrier Udo ZEMBOK.

Son travail s’inscrit dans la continuité de celui de Gilles ROUSVOAL réalisé il y a 10 ans dans la Nef avec la reprise du dégradé de bleu, de rouge, celui du Levant et de jaune qui rappelle, même si ce bâtiment est désacralisé, les temps du baptême, de la passion et de la résurrection.

On assiste à une double confrontation, celle de l’horizontalité des vitraux et de la verticalité des baies. La confrontation aussi de l’eau et de la Lumière. Tout est fait ici pour nous troubler et finir par nous faire douter : la lumière est-elle vraiment invisible ?

 

Un site touristique

Avec cette quintessence d’architecture stratifiée, sur mille ans, grâce aux jeux de lumières, PROVINS aura désormais en Ville basse un lieu d’exception et qui va nous permettre d’offrir un produit touristique et patrimonial unique en Seine-et-Marne, en Île-de-France et vraisemblablement en Europe du Nord.

 

Le monument sera ouvert, dès le mois de juin, tous les jours de la semaine de 14h à 18h. Un audioguide, d'abord en anglais et en français, sera disponible. En 2020, une version en japonais et en mandarin sera déployée. La visite sera évidemment intégrée dans le Pass Monument de notre Office du Tourisme. Ce sera le 5ème monument de ce Pass.

Nous proposerons également que la visite du Chevet soit gratuite, le 1er week-end de chaque mois pour les Provinois et les habitants de notre Communauté de communes.

 

Pour la première fois en 1000 ans, ce lieu appartient, dans sa globalité, à la Ville de PROVINS.

[...] Est-ce un achèvement ? Oui, ici. Mais il reste beaucoup à faire. Nous allons donc continuer.

 

Continuer, cela signifie nous lancer, collectivement, un nouveau défi patrimonial. Ce défi, au moins aussi passionnant que celui qui s’achève à Saint-Ayoul, c’est la restauration de l’Église Sainte-Croix, la merveille provinoise fermée au public depuis 1983.

 

Le Conseil municipal est très heureux ce soir de marquer le coup d’envoi de ce défi.

 

Une nouvelle convention 2019-2029 pour restaurer le patrimoine Provinois

Avec la signature, dans le cadre de cette inauguration d’une nouvelle convention, une convention-cadre 2019/2029. Près de 10 M€ vont à nouveau être investis pour la patrimoine provinois.

Nous sommes donc sincèrement reconnaissants à :

- L’État, en particulier à la Direction Régionale des affaires culturelles, qui a été la cheville ouvrière de la réalisation de cette nouvelle convention. Avec un remerciement appuyé au Préfet Cadot, très attentif à la conclusion d’une convention puissante. Chaque année, l'Etat investira 400 000 €.

- Au Département de Seine-et-et-Marne qui accepte de s’engager sur 10 années avec une subvention annuelle de 200 000 €.

- A la Région Île-de-France qui elle aussi s’engage sur les 10 prochaines années avec 150 000 € de subvention chaque année. C’est un effort considérable dont nous mesurons la portée.

Pour la première fois, la Convention-cadre sera quadripartite. Cela, nous le devons d’abord aux alternances politiques de 2015.

[...] Vous comprenez que cette journée est à marquer d’une pierre blanche, le blanc de la Lumière. Le blanc d’un vrai bonheur pour PROVINS et les Provinois qui peuvent se dire rendez-vous dans 10 ans pour la réouverture de SAINTE-CROIX. »

 

 

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